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Etude d'hippocampe au microscope, Station marine de Concarneau © MNHN - J.C Domenech

Cap sur Concarneau

Métiers

Dans les labos, à bord d’un bateau et même sous l’eau, des chercheurs scrutent l’océan depuis la côte bretonne. Une vraie vie de passionné ! Pensez à visiter le Marinarium de Concarneau cet été où il n’est pas rare de les croiser. Nadia Améziane, cheffe de la station marine, nous en ouvre les portes.

Sur quoi et comment travaillez-vous ?

Nous étudions tous les océans, notamment les régions polaires et la biodiversité locale. Notre méthode : observer, expérimenter et, bien sûr, analyser. Ainsi, grâce à des plongées répétées depuis plus de 15 ans, l’une de nos équipes étudie l’évolution du substrat rocheux breton. Son objectif est d’évaluer l’impact du changement climatique sur la faune et la flore. En modifiant la température et le pH de l’eau en aquarium, nous évaluons aussi les conséquences de l’acidification des océans sur la biodiversité.

 

En quoi la recherche océanographique nous concerne-t-elle ?

Les exemples ne manquent pas ! À partir du venin d’un cône, qui paralyse ses proies en moins d’une seconde, un antidouleur 1 000 fois plus puissant que la morphine a vu le jour et est utilisé en milieu hospitalier. Une molécule, identifiée dans les œufs d'une étoile de mer, est actuellement testée pour traiter de graves infections respiratoires liées à la mucoviscidose. La recherche fondamentale permet d’innover. Les ingénieurs, par exemple, s’inspirent des bras des calmars en robotique. L’océan est donc plein de promesses, mais nous ne pouvons en disposer à notre guise et il faut réagir face aux menaces qui pèsent sur lui.

 

Quelles sont ces menaces ?

La pollution chimique, liée aux rejets industriels, agricoles ou des ménages ; l’urbanisation, dont l’impact sur le littoral est loin d’être négligeable ; la surexploitation des ressources ; les ravages du plastique ; l’effet de serre, responsable de l’acidification de l’océan, très problématique pour des organismes comme les coraux.

 

Comment votre station, qui souffle ses 160 bougies, accueille-t-elle le public ?

Tout au long de l’année, le Marinarium propose de s’immerger dans le monde marin avec plusieurs espaces thématiques dédiés à la faune et à la flore locales. Les viviers historiques valent aussi le détour ! Nos journées portes ouvertes permettent en outre de découvrir nos lieux de recherche d’ordinaire fermés au public. La station organise aussi des expositions, dont Incroyables cétacés, jusqu’au 6 janvier, et prête ses murs à des artistes locaux. Et puis nous pilotons deux programmes de sciences participatives, Objectif Plancton et Plages vivantes, qui permettent aux citoyens de collecter les données dont les chercheurs ont besoin. Alors avis aux amoureux de la mer. Rejoignez-nous !

Station de biologie marine et marinarium de Concarneau © MNHN - Agnès Iatzoura
Aquarium et salles de Concarneau. © MNHN - J.C Domenech

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